dernier jour [vingtneufdécembredeuxmillonze]

Pour notre dernière journée à Kagawa, nous décidons d’aller sur Naoshima. Cette île, qui a longtemps été dédiée à l’industrie lourde, a été quasiment ruinée, écologiquement parlant, par celle-ci. Elle a trouvé un second souffle lorsque Benesse, une maison d’édition importante au Japon, y a financé l’implantation de plusieurs sites consacrés à l’art. Nous souhaitons aussi nous promener dans les petits villages de pêcheurs de l’île et ne faisons donc pas la visite de tous les sites Benesse. Celui qui retient notre attention, c’est le Chichu Art Museum (littéralement : le musée d’art sous terre) que l’on doit à Tadao Ando.

Avant de nous y rendre à pied, nous sommes accueillis par une citrouille jaune et une citrouille rouge de Yayoi Kusama (que les Lillois connaissent bien, puisqu’une fleur de Kusama a poussé aux abords de la gare Lille Europe en 2004).

Dans le Chichu Art Museum, une pièce remarquable, tapissée de petits cubes de marbre, est dédiée aux nymphéas de Monet. Il y a une certaine religiosité dans l’expérience qui consiste à rallier ce lieu insulaire, attendre son ouverture, y entrer en même temps que l’on pénètre sous la terre, ôter ses chaussures pour pouvoir atteindre les tableaux de Monet ; si bien que, lorsque l’on parvient devant eux, les tableaux palpitent d’une aura que l’on aurait pu croire perdue. Et ce n’est pas une mince affaire, en effet, que de rendre cette aura à des œuvres qui ont subi tous les outrages : de la transformation en sets de table et tapis de souris, à l’impression sur rideaux ou sur magnets trônant sur les portes des réfrigérateurs…

Après nous être imprégnés des lieux, des tableaux de Monet et des installations lumineuses de James Turrel, dont une, très significativement, propose d’entrer dans la couleur, nous ressortons à la surface du monde et nous perdons dans les petits villages de Naoshima. Nous en profitons pour manger les meilleurs udon au bœuf de tout le séjour, chez Ishii Shoten.

Très vite, il est l’heure de reprendre le ferry pour Takamatsu. Demain, nous quittons Kagawa et achevons l’un de nos meilleurs séjours au Japon. Le vol Asiana Airlines nous permettra de nous arrêter quelques heures à Séoul, et de ne pas quitter trop brutalement l’Orient extrême, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que nous sommes déjà envahis par la mélancolie.

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